Olympique de Montréal



Introduction

Ce site web a comme intention de sortir de l'oubli une équipe sportive anonyme à Montréal. En effet, de 1971 à 1973, la NASL fut présente dans notre ville. Peu de gens le savent. Encore moins de gens connaissent son nom : l'Olympique.

La difficulté du projet

La première difficulté du projet est de trouver de l'information. J'ai lancé un appel à tous sur les réseaux sociaux et je n'ai eu aucune réponse. La recherche dans les archives est coûteuse, et le fait que cette époque est sur microfilm complique me complique la vie. Comme je le fais bénévolement, il y a des limites à mes recherches. Pour ce qui est des livres, rien peut-être le qualificatif utilisé. Une page dans le livre Histoire du soccer québécois et moins de 5 lignes d'une référence de bas de page dans le livre Rock'n'roll soccer. The short life and fast times of the North American Soccer League. J'ai toutefois trouvé quelques archives numérisées sur le moteur de recherche Google. Plusieurs articles de la Gazette de Montréal et du journal The South Shore. Mais ses articles sont courts et il s'agit souvent de contre rendu bref de match. Sur BaNQ j'ai trouvé 6 articles dans Le petit journal pour la période de 1971 à 1972. Il n'y a aucune mention de l'OM en 1973. D'ailleurs la section des sports en 1973 semble s'être limitée à une ou deux pages. Et comme aujourd'hui, le Canadien monopolise beaucoup d'espace. De côté des médias anglais, il y a un peu plus d'information sur les archives web de Google.

L'idée du projet.

Tout cela a débuté avec un texte sur mon blogue en février 2016. J'avais écrit un court texte sur le club (avec le peu d'information dont je disposais). J'avais mentionné que Graeme Souness n'avait rien cassé à Montréal. Un lecteur du blogue m'a répondu pour me souligner que Souness était une légende, à Liverpool entre autres. L'intérêt a commencé à grandir.

Méthodologie.

Le texte sur le survol de l'OM sera un copié/collé du texte de mon blogue. Même chose pour le texte de Graeme Souness. Pour le reste, il s'agira d'un survol des articles que j'aurai pu lire dans les archives. Notez qu'il ne s'agit pas ici de travail d'historien que je fais. Ce n'est qu'un résumé anecdotique de l'histoire d'une équipe oublié de notre ville.


Source : Bibliothèque et archives nationales du Québec


Le survol de l'histoire de l'Olympique

Quand l'Impact de Montréal a joué son premier match en MLS dans la cuvette géante de Montréal (le stade olympique), on a bien sûr fait le lien avec le Manic de la NASL! Pour commémorer le match en le Sting et le Manic, l'Impact a ouvert la saison à domicile de 2012 avec un match contre le Fire de Chicago. Pourtant, le Manic n'est pas le seul club montréalais dans la NASL. Dix ans plus tôt, en 1971, une autre équipe montréalaise jouait dans la NASL. L'Olympique de Montréal, l'OM montréalais! Retour sur une équipe Montréal qui a sombré aux oubliettes, un peu comme le Dragon de Montréal au basket-ball.


Logo original de la NASL avant 1975.
source : Wikipedia

L'Olympique de Montréal a joué trois saisons : 1971, 1972 et 1973. Les matchs ont tous été disputés à l'Autostade, qui n'existe plus aujourd'hui. Il a cédé sa place à un grand espace de stationnement pas très loin du pont Victoria. L'Autostade (Automotive Stadium de son vrai nom) a été le premier domicile des Alouettes de Montréal. Le stade en question est peut-être un des facteurs de la courte vie de l'Olympique. Personnellement, je trouve qu'il était mal situé. Même encore aujourd'hui, il le serait tout autant. Le métro le plus près est Bonaventure, et il faut faire un trajet d'environ 20 minutes en autobus pour se rendre. Heureusement que l'Impact n'a pas construit le stade Saputo sur ce site. D'ailleurs, on va se le dire, ce stade n'est pas une beauté architecturale. À voir les photos sur le web, le stade olympique est une œuvre d'art! Mais à sa défense, PINK FLOYD y a joué un concert! 




 
Le problème avec l'Olympique de Montréal, c'est le peu d'informations disponibles. Je sais que Jacques Gagnon dans le livre Histoire du soccer québécois en parle. De façon très brève toutefois. Une page, si ma mémoire est bonne. Malheureusement, je n'ai pas le livre en ma possession. Mais une chose est sûre, il n'y a pas de tonnes d'écrits sur ce club. D'ailleurs dans son livre sur l'histoire de la NASL, Ian Plenderleith n'accorde que quelques lignes en notes de fin de chapitre sur l'Olympique (moins de 5, je crois) pour dire qu'ils arrivent en 1971 et partent 1973. On mentionne aussi la signature du joueur écossais Graeme Souness. Rien de plus. Sur le web, il y a le site NASLjersey qui publie quelques photos et affiche les effectifs du club. Malheureusement nous n'avons pas la source de ses informations. Je sais que sur Amazon, il est possible de commander un guide de toutes les saisons de la NASL. J'en ai commandé un exemplaire, que j'attends toujours. Mais comme cet article n'a pas une fonction "universitaire", je vais me fier à la bonne foi du créateur de NASL Jersey. Je vous invite d'ailleurs à aller voir son site web!

Premièrement, les résultats sont très décevants. Aucune participation en séries. Seulement 13 victoires en trois saisons. 30 défaites! 14 matchs nuls. De quoi se dire que la saison 2014 de l'Impact n'est pas si dramatique. Peut-être que si l'Olympique avait eu la chance d'avoir Klopas comme... non j'arrête... Mais plus sérieusement, on comprend pourquoi les foules n'y étaient pas! De plus, en observant les effectifs des trois saisons, on constate un roulement constant. Aucun joueur n'a fait les trois saisons. Sur un total de 63 joueurs, seulement 13 ont disputé plus d'une saison à l'Olympique. En 1973, signe probable que le club était en danger, l'effectif ne compte que 17 joueurs au lieu de 24 en 72 et 29 en 71.

Regardons au niveau de l’assistance dans l'Autostade. En 1971 un total d'environ 34 000, pour une moyenne de 2440 sur 14 matchs à domicile. C'est faible. Lors de la plus grosse foule de la saison, 4448 personnes assistent à une défaite de 7 – 0 contre le club écossais Hearts d'Edinburg. Notons aussi un match contre le Lanerossi d'Italie, Apollon d'Athènes et le Bangu de Rio. En 1972, l'Olympique ne joua que 7 matchs à Montréal. Un total de 16154 personnes se sont déplacées. La meilleure foule fut celle du match d'ouverture lorsque 3179 personnes ont vu Ken Wallace donner la victoire à Montréal contre les Chiefs d'Atlanta. La troisième saison sera celle de la plus grosse foule de l'histoire de l'Olympique. Le 9 juin 1973, 15 365 personnes vont voir Montréal perdre 1-0 contre Toronto. Toutefois le match suivant, le 10 juillet contre Véra Cruz, seulement 3204 personnes vont entrer dans l'Autostade. La moyenne de 1973 est de 3855 personnes en 10 matchs, pour un total de 38557. Donc on réalise que la foule n'a jamais été au rendez-vous.


Kerion Baker, premier gardien de but de l'OM
Source: The Gazette. 15 mai 1971.

Des 63 joueurs de l'histoire de l'Olympique peu d'informations sont disponibles sur le web, même sur Wikipédia. Toutefois j'ai trouvé quelques noms à mentionner. Dans le cadre de Montréal, le premier nom sur la liste de 1971 qui me saute aux yeux est Luigi Pizzolito. Je me demande si c'est le père de Nevio, l'ancien capitaine d'Impact. Mais j'ai un doute. Parce que dans un article de TVAsports, Pizzolito est écrit avec deux "t" (quoiqu'il pourrait s'agir d'une faute de frappe de l'auteur du site NASLjersey). De plus l'article, même s'il mentionne que Luigi Pizzolitto a joué au foot professionnel à Montréal, on ne mentionne pas l'Olympique, mais plutôt le club Superga. Ceci étant dit, je dois préciser que selon la liste de NASLsoccer, le Luigi Pizzolito en question n'aurait jouer qu'un seul match. Ceci expliquerait pourquoi TVAsports n'aurait pas pris la peine de le mentionner. Si quelqu'un peut me confirmer qu'il s'agit bel et bien du père de Nevio Pizzolitto, merci de me le faire savoir. Je ne me vois pas téléphoner Nevio Pizzolitto et pour lui poser la question.

Le deuxième nom qui m’intéresse est celui de Franco Gallina. Joueur italien, qui aurait joué 42 matchs pour le club de Gênes de 66 à 68. Il est le seul joueur de l'Olympique à avoir marqué 10 buts en une seule saison. Il a joué 20 matchs à Montréal. Le seul autre joueur à avoir marqué 10 buts pour l'Olympique, sur deux saisons toutefois (31 matchs), est le joueur anglais Ken Wallace. C'était un prêt de West Ham United. Toutefois, en 1972, l'anglais Mike Dillon, avec ses 7 buts en 10 rencontres est devenu le marqueur le plus efficace de l'Olympique. Toutefois, ce fut aussi sa meilleure saison à vie, lui qui, plus tard, ne marquera que 4 buts avec le Cosmos en 41 rencontres. Finalement, Graeme Souness est un nom à mentionner. L'écossais est le seul joueur de l'Olympique que mentionne Plenderleith. Il était un prêt de Tottenham Hotspurs (ce n'est pas rien!). Il n'a rien cassé à Montréal avec ses deux buts en dix matchs, mais il ira jouer plus tard Liverpool où il deviendra une légende.

Bref, une histoire que nous avons oubliée à Montréal. Toutefois, j'ai remarqué que certains sites web vendent des t-shirts avec le logo de l'Olympique de Montréal. Certains ont aussi comme image de profil sur Facebook et Twitter le logo de l'équipe. Tout n'est peut-être pas perdu. Si j'avais le temps, j'aimerais bien aller fouiller aux archives nationales. Je pourrais faire quelques belles découvertes. Un projet pour mes vacances!

Mise à jour le 3 mars 2016

J'ai été capable de mettre la main sur le livre Histoire du soccer québécois je peux donc compléter avec quelques précisions mon article.

C'est le propriétaire des Alouettes qui est derrière la tentative de foot à Montréal avec les Olympiques. L’objectif était de rentabiliser l'Autostade. Le nom vient du fait que le maire Drapeau faisait campagne pour les jeux Olympiques de 1976. Mais si l'équipe était nommée l'Olympique, l'usage était de dire Les Olympiques.

Dans le livre on affirme que le joueur Mike Dillon termina deuxième meilleur buteur de la ligue en 1972. Toutefois dans le guide officiel de la NASL, il est plutôt le troisième, mais avec seulement 10 matchs (7 buts) contre 8 en 12 pour Paul Child (Atlanta) et 9 en 13 pour Randy Horton (New York). De plus, Franco Gallino aurait aussi joué pour les Castors de Montréal en 1976.

Finalement, un lecteur m'avait mentionné que l'Olympique aurait joué à l'Université de Montréal. Je croyais que non, le Cepsum étant inauguré en 1976 je crois, mais selon le livre de Gagnon et Scwartz, l'Olympique aurait bel et bien joué à l'UdeM.

Je vous laisse sur une citation de David Berger : " Quant à l'aventure de l'Olympique de Montréal, elle ne nous a laissé aucun regret. Je me suis fait des amis comme Pascal Cifarelli. Ce sont des choses qu'on n'oublie pas". (Scwartz, Gagnon, p. 57)



Graeme Souness

Si Drogba est arrivé à Montréal en étant une légende, il y en a une autre légende qui a passé à Montréal avant de l'être. Graeme Souness. Membre important de Liverpool à l'époque de leur domination européenne. Mais peu de gens savent cette réalité. Retour sur une équipe oubliée du foot montréalais.


En 1972, l'Olympique de Montréal s'apprête à commencer sa deuxième saison dans la jeune et fragile NASL. La saison sera courte, 14 matchs. C'est 10 de moins que la saison de 1971. La ligue n'est composée que de 8 clubs. La survie de la ligue est en danger. L'Olympique de Montréal accueil jeune milieu de 19 ans dans son effectif. Il arrive de Tottenham. Le club anglais le prête à l'OM montréalais puisqu'il n'a pas joué un seul match avec l'effectif pro du club de Londres (certains sites internet mentionnent un match européen, mais je ne peux l'affirmer avec certitudes). Dans les faits, il jouera ses premiers matchs professionnels à Montréal.

Le jeune Graeme Souness prendra part à 10 des 14 matchs du club. Il marquera 2 buts. Il sera un joueur clé dans la saison au point d'être nommé joueur sur l'équipe d'étoiles. L'OM montréalais aura connu sa meilleure saison avec lui. Malheureusement, l'équipe ne se classe pas pour les séries d'après saison et le bilan reste négatif, 4 victoires, 5 défaites et 5 nulles.


Le jeune Souness ne complétera pas la saison à Montréal. Comme le souligne David Tossell dans son livre, Souness aura rapidement le mal du pays et demande son rappel à Tottenham, d'où il sera vendu à Middlesbrough.

Nous pouvons comparer son passage à une étoile filante, puisque la saison suivante, il est de retour sur les « pitchs » anglais avec Middlesbrough. Il deviendra un joueur légendaire avec le club de Liverpool et 3 Ligues des champions. Ensuite, il ira jouer à la Sampdoria et terminera sa carrière avec les Rangers de Glasgow. Il deviendra ensuite entraîneur. Il aura un autre titre en FA CUP avec Liverpool. Il terminera sa carrière derrière le banc en 2006 à Newcastle United. Aujourd'hui, Graeme Souness est polémiste pour la Sky sports en Angleterre.


Source : Bibliothèque et archives nationales du Québec


L'Autostade

Ce stade étant un élément important de l'histoire de l'Olympique, il serait bon d'y jeter un petit regard. Dans le magazine Montréal 66, que l'on peut feuilleter en format électronique sur le site des archives de la ville de Montréal, on nous dresse un portrait des ambitions lors de sa construction. On explique qu'il a 25 000 places et qu'il accueille les matchs des Castors au football (football américain, ne pas confondre avec l'équipe de soccer des Castors de Montréal). Il en a coûté 3 millions de dollars pour le construire (ce qui fait mal au coeur quand on sait qui va finir comme stationnement après sa destruction). On annonce même que Sir Bobby Charlton et l'équipe anglaise championne de la coupe du monde de foot de 1966 y joueront un match international! Tout y est prévu! 11 000 places de « parking », des toilettes et des installations pour les médias! Il pourrait même être agrandi jusqu’à 75 000 sièges selon le magazine! Le stade d'ailleurs peut être facilement démonté pour être remonté ailleurs. Les derniers vestiges de ce stade aujourd'hui sont dans le stade de baseball de Thetford Mines.

Les Alouettes en action et les vestiges de l'Autostade à Thetford-Mines



Le stade accueillera les Alouettes. Malheureusement, son mauvais emplacement sera plus une nuisance. Il sera détruit à la fin des années 1970.


L'équipe anglaise sera belle et bien présente à Montréal en 1967, mais malheureusement, elle ne sera pas complète. Bobby Charlton ne sera pas puisqu'il est en tournée avec Manchester United (et bien sûr mon George Best préféré! Et oui, j'ai trouvé le moyen d'en parler!).

Anecdotes dans les médias

Saison 1971


Le fameux Autostade

S'il m'a été difficile de trouver de l'information dans les médias, j'ai quand même fait quelques découvertes intéressantes. Je n'ai pas eu accès aux informations du Journal de Montréal. Mais j'ai trouvé sur le site web de BaNQ les archives du Petit Journal. Sur la période de 1971 à 1973, seulement 6 articles traitent du club. Comme beaucoup de médias aujourd'hui, on préfère parler de hockey durant l'été que d'autres sports.

Le 5 janvier 1971, dans le Lawrence Journal-World (un journal de Kansas City!) on apprend que la NASL accorde une franchise à Sam Berger dans la ville de Montréal. Je n'ai rien trouvé dans les journaux québécois sur cette annonce! Dans le Petit Journal du 1er août 1971, Sam Berger en entrevue explique que l'acquisition de la franchise en NASL est un investissement de 100 000$. Selon le site de statistiques : the year in american soccer, le coût d'une franchise en NASL en 1971 est de 25 000$. Il en coûtait 10 000$ l'an précédent et ce sera 75 000$ en 1974. Il en coûte 75 centimes pour accéder à la tribune populaire de l'Autostade. Il constate que les médias francophones sont plus ouverts à couvrir l'OM que les médias de langue anglaise. Dans les faits, j'ai trouvé plus d'informations dans The Gazette que les journaux francophones!

On apprend aussi dans cet article que la NASL prévoit déjà atteindre le nombre de 32 clubs. Elle qui vit une période trouble, la saison précédente n'étant composée que de 6 clubs. Un article du journal Le Devoir (28 janvier 1971) nous démontre la précarité de la ligue. On y apprend que les Spurs de Kansas City ont perdu près un million de dollars en NASL. L'équipe ne reviendra pas en NASL en 1971.


Le Devoir : 28 janvier 1971

Dans The Gazette du 23 février 1971, on apprend le nom du premier entraîneur du club, Renato Tofani. Ancien joueur de la réserve de la Roma, il arrive de la deuxième division italienne. On apprend qu'il recrute en Europe pendant que son adjoint, Mike Campo, recrute des joueurs locaux à Montréal. Dans Le petit journal du 1er août 1971, on apprend que le club commencera son entraînement dans la région de Madrid en Espagne.C'est le 13 mai 1971 qu'on apprend dans The Gazette que Renato Tofani démissionnera. Il démissionne juste avant le match d'ouverture à Montréal. L'équipe a subi trois défaites sur la route contre Atlanta, St-Louis et Washington. Trois défaites de 2 à 0. C'est son adjoint, Mike Campo qui le remplacera. Campo est d'origine espagnole. Il a joué son foot en France comme amateur et professionnel pour ensuite (en 1952) immigrer au Canada. Il a joué pour des clubs torontois et montréalais. Il ne sera pas très longtemps à la tête du club. 




Source : The Gazette 13 mai 1971


Dans un article du 15 mai 1971, toujours dans The Gazette, on peut comprendre un peu pourquoi le club a des difficultés. Mike Campo, à la veille du premier match à l'Autostade, explique que la frontière de la langue est une barrière. Les joueurs parlent plusieurs langues différentes. Son origine européenne l'aide, il parle anglais, français espagnol et italien. Il comprend aussi le portugais. Lorsqu'il revient sur la démission de Renato Tofani (pour des « raisons personnelles »), il affirme que ce n'est pas responsable des 3 défaites. Mais il reconnaît que les règlements de la ligue ne favorisent pas le jeu défensif. La ligue accorde des points au classement selon le nombre de buts qu'une équipe marque. Il vaut donc mieux perdre 5 - 3 que 2 – 0. On peut donc comprendre que Tofani était plus "conservateur" dans la vision du jeu. Le cantennacio n'est pas une option à l'époque en NASL. Et les supporters de Montréal veulent voir des buts.  

Le dernier entraîneur de la saison sera Sebastiano Buzzin. Il arrive d'Italie (décidément le critère d'engagement automatique qu'est l'Italie n'est pas typique à l'Impact).






 Il a remporté dans sa carrière de joueur 2 championnats d'Italie avec l'Inter Milano. On affirme dans Le petit Journal qu'il a le surnom de tête d'or puisqu'il aurait marqué 800 buts de la tête en 780 matchs avec le club Cantalia. Une petite vérification révéla qu'il a dans les faits 33 buts en 136 matchs, ce qui est plus réaliste. Il terminera la saison, mais ne reviendra pas. Il est décédé le 17 décembre 2007.



Sebastiano Buzzin
source : Bibliothèque et archives nationales du Québec



Le 24 juin 1971, les Montréalais auront de quoi se mettre sous la dent. Depuis le début de la saison, le club affirme que sur papier, c'est la meilleure équipe joueur pour joueur. Dans les faits, ce n'est pas qui se voit. Alan Bristowe, seul joueur montréalais du club en début saison affirmait la même chose le 15 mai. Lors que l'Olympique de Montréal joue en équipe, personne dans cette ligue ne peut les battre. C'est ce qu'ils vont faire le 23 juin devant 3000 spectateurs. Une victoire surprise contre le New York Cosmos (OUI MONSIEUR, belle façon de fêter la St-Jean Baptiste). 3 à 1. Sabastiano Buzzin va même changer de gardien après le but du Cosmos. Son numéro 1, Kerion Baker, qui a perdu des avances lors de matchs précédents, va céder sa place au numéro 2 Jerry Rainey. Cette action aura le résultat escompté.

Le seul joueur local au début de 1971.
source : The Gazette, 25 juin 1971

Si la saison de l'Olympique reste décevante, le 10 août 1971, on apprend le spectacle peut-être au rendez-vous. Dans un article nommé Soccer Fans 'barbarians', parût dans The Gazette, ce n'est parce que les foules sont petites qu'il n'y a pas d'émotion. L'arbitre Peter Johnson l'a appris à ses dépens. La foule n'étant pas en accord avec son arbitrage (à Montréal, non jamais) il a payé le prix. Une chaise au visage avec 12 points de suture. Ted Blackman dans son éditorial rappelle que P. Woosnam a menacé de suspendre le club pour une période de 10 ans!

Autre mention importante, le 30 juin 1971, on mentionne dans The Gazette que le roi Pelé sera à l'Autostade pour affronter le Bologne FC (c'est troublant comme le passer peut avoir des liens avec aujourd'hui). Dans le club de Bologne, on retrouve 4 joueurs de l'édition de l'équipe nationale italienne qui a perdu en grande finale contre Pelé en 1970. On attend une foule de 22000 personnes. Il y aura 29 000 spectateurs.

Dans son bilan, Sam Berger mentionne au journal The gazette, le 30 octobre 1971, que l'Autostade est un problème dans la question des foules. Il aimerait bien déménager le club au parc Père-Marquette.

Saison 1972


Source : NASL jersey


L'année 1972 commence dans le foot américain avec une nouveauté. Il s'agit d'un repêchage collégial. David Tossell, dans son livre Playing for Uncle Sam qu'il s'agit simplement de faire comme les autres sports majeurs américains. Cette pratique est toujours en vigueur aujourd'hui en MLS. Encore ici on peut constater que malgré son histoire chaotique, la NASL a fortement marqué la culture foot. Le Dailys News de New York décrit le 10 février 1972 le déroulement du repêchage. IL a duré une et 18 minutes (c'est du précis comme information!). Au total, 35 joueurs ont été repêchés, 10 d'entre eux se retrouveront à Saint-Louis. Dans le Southeast Missourian (10 février 1972) on affirme que la grande majorité des joueurs repêchés ont des chances de faire partie de la ligue.


L'Olympique de Montréal va échanger son premier choix (toujours selon l'article du Daily News) contre le joueur d'origine brésilienne Flash Oliviera. Dans le journal The Gazette du 11 février, on nous mentionne que l'OM a recruté 4 joueurs. Il s'agit de Shep Messing, Manuel Hernandez et deux autres que les journaux ne mentionnent pas. 

La saison 1972 fut très courte. Dans Le petit Journal, c'est le 27 avril 1972 qu'on annonce le début de la saison. La saison se déroulera au Centre Sportif de l'Université de Montréal. Le prix d'entrée dans la tribune populaire est de 1$ pour les moins de 18 ans, 3$ pour les adultes. On annonce l'embauche du quatrième et dernier coach de l'OM, Graham Adams (il se permettra même de jouer quelques matchs). Adams, avant d'arriver à Montréal, était directeur technique et aide-entraîneur pour l'équipe nationale de Corée du Sud. On donne le calendrier des 7 matchs locaux (la saison n'en comportant que 14). Si l'on ne mentionne pas l'arrivée de Graeme Souness, on parle beaucoup de celle du « chat », le gardien de but Sam Nusum. Il arrive des Bermudes et s'est fait une réputation en 1968 aux Jeux olympiques de Mexico. C'est le dernier article, à l'exception du 18 mai 1972, qui porte sur l'OM. Quelques photos et publicités, mais en 1973 : rien.



Sum Nusum
Soure: Nasl Jersey

L'Olympique connaît beaucoup de difficulté sur le terrain malgré de bonnes performances. Le club n'arrive tout simplement pas à gagner. Dans The Gazette du 24 juillet 1972, Graham Adams affirme : « I think I'm going to commit suicide ». Il ne comprend pas pourquoi l'Olympique n'arrive pas gagner. Il perdent des avances pour jouer des matchs nuls. Voici comment l'auteur de l'article défini le spectacle à l'Université de Montréal : « You can show up at the Univerisyt of Montréal stadium for one of their home game, watch them paralyse any opposition in the North American Soccer League – and wind up fighting for a draw. »


Et parfois les problèmes de l'Olympique ne sont pas que sur le terrain. Dans The Gazette du 3 juillet 1972, nous apprenons que l'autobus et l'Olympique un point en commun : les deux ont perdu lors du week-end. L'OM a perdu son match au Hofstra stadium contre le Cosmos de New York, 2- 0. Et comme si les choses ne s'améliorent pas, Ken Wallace (joueur qui le plus grand nombre de chances de marquer) se prépare à retourner à West Ham United en Angleterre. Quant à l'autobus, le chauffeur a perdu son chemin en se dirigeant au stade. Un trajet de 40 minutes en aura pris… 140, soit 2 heures et 20 minutes. On peut comprendre que les joueurs aient peut-être été déconcentrés.


L'article de Bob Morrissey du 5 août 1972 dans The Gazette révèle l'état d'esprit de la saison. Voici comment débute l'article : « Wouldn't you know it. The Olympics were unable to win at home with the likes of Luigi Mascalaito, Graham Souness and Mike Dillon and yet as soon as those three players leave the team, the Olympics just do that – win at home. » L'équipe, qui se prépare à affronter Rochester a défait une équipe de première division portugaise, Caldas, 20 à 0 devant une foule de 500 personnes au centre sportif de l'Université de Montréal. Il s'agit de la première victoire du club à la maison. Quant aux trois joueurs, Mascalaito, Souness et Dillon, ils ont tous été rappelés par leur équipe en Europe. Depuis le début de la saison, ça fait 7 joueurs qui quittent dans ces circonstances le club, ça n'aide en rien le club montréalais. Graham Adams espère que la situation changera. D'ailleurs, il mentionne qu'il ne sait toujours pas si le club sera de retour en 1973. Mais il met en lumière un problème de la NASL. Tant que l'Amérique du Nord ne produira pas de bons talents, les bons joueurs ne resteront pas NASL puisqu'ils sont d'origine européenne ou latino-américaine. À propos de Graeme Souness, Adams mentionne que le milieu de terrain est plus rapide sans lui. Souness, selon Adams, aimait bien ralentir le jeu. Ce type de jeu étant incompatible avec la réalité de la NASL et la ligne de hors-jeu a 18 mètres, Graeme Souness n'était pas aussi utile qu'il pouvait être à l'OM.

Dans un article du 12 août 1972, nous pouvons apprendre dans The Gazette que l'OM devrait revenir pour la saison 1973. On mentionne que le coût que devra payer Sam Berger est de 75 000 dollars. Il reste pourtant convaincu que le club va finir par réussir à avoir une bonne base de supporters.

Saison 1973

Source : NASL jersey.

La saison 1973 reste obscure. J'ai trouvé peu d'information. D'ailleurs rien sur l'annonce de la dissolution de l'équipe. Mais nous pouvons clairement deviner que les faibles foules sont une cause. De plus, il y a sûrement une question financière.

Ceci étant un article du 28 septembre 1973 (The Gazette) précise un peu la question. Il semblerait que Phil Woosnam (le commissaire de la NASL) a tenté de convaincre Berger de garder le club à Montréal. Mais le principale problème est le stade. On mentionne qu'il faudrait un stade de 7000 à 8000 places pour être dans une bonne posture. Le parc Jarry semblerait aussi une option, toutefois, la ville ne semble pas être intéressée. L'article mentionne aussi que le club n'avait pas l'intention de renouveler le contrat de Graham Adams comme entraîneur.D'ailleurs, il semble y avoir contradiction sur le lieu ou les matchs de l'OM se jouent en 1973. Certains articles mentionnent l'Autostade, d'autre affirme que l'OM joue encore l'Université de Montréal.


Dans le Gettysburg Times du 2 juin 1973, on apprend une nouvelle défaite de l'Olympique. Rien d'intéressant. Mais l'article vaut la peine d'être mentionné puisque le gardien de but de l'Atome du Philadelphie est significatif. Il s'agit d'un certain Bob Rigby, qui sera le premier gardien de but du Manic en 1981. Bob Rigby terminera la saison au 1er rang des gardiens avec une moyenne de 0,66 but accordé. Sum Nusum de l'OM terminera au 8e rang avec une moyenne de 1.68.


Bob Rigby avec le Manic en 1981 contre le Sting de Chicago
Source ; Nasl Jersey


Durant le mois de juin 1973, l'Olympique va faire sa plus grosse foule de son histoire. Une défaite de 1 à 0 contre l'ennemi juré, le Toronto Métro. Mais j'ai remarqué une contradiction entre le guide officiel de la NASL et le journal The Gazette. Selon le guide de la NASL, le match aurait eu une foule de 15 000 spectateurs. Dans The Gazette, Bob Morissey parle du match le 27 juin 1973 (le match ayant eu lieu la veille) et on mentionne 7000 spectateurs. Difficile pour moi de vérifier la vérité, mais je penche fortement du côté de The Gazette. Ceci démontre toutefois la difficulté de faire de la recherche sur l'Olympique de Montréal. L'article du journal The Gazette offre une explication pour cette impressionnante foule dans l'Autostade. Les Alouettes on joué un match juste avant et plusieurs spectateurs sont restés sur place pour assisté. La foule malgré le résultat est restée supporter son club jusqu'à la fin.




L'Olympique se paie un match international le 4 juillet 1973. Bob Morrissey dans The Gazette souligne que si le match ne veut rien dire pour le Vera Cruz (club de première division mexicaine), c'est tout le contraire pour l'Olympique. Dans le système de la NASL de l'époque, certains matchs internationaux comptent dans le classement, donc l'OM a intérêt à remporter le match pour pouvoir améliorer son sort dans la course aux séries. La pression est forte, le Toronto Métro a battu Vera Cruz 7 à 0 le week-end précédent. Le résultat est prévisible, à l'image de la saison de l'OM.

Source : The Gazette 4 juillet 1973


Le 8 août 1973, arrive un moment que nous ne voulons jamais vivre. Le titre du journal The Gazette : « Metro beat Olympique, clinch title ». Le Métro de Toronto remporte son titre de division contre Montréal. C'était le dernier match de la saison. Il a eu lieu à Toronto. Cette victoire de 5 à 1 permet au club de Toronto d'atteindre pour la première fois les séries depuis son arrivée en NASL en 1971. Ils auront réussi ce que l'Olympique n'aura jamais fait. Les attentes étaient grandes pour ce match. Le système de points de la NASL aurait pu permettre à l'Olympique d'aller en séries s'ils avaient gagné le match par trois buts et répéter l'exploit au dernier match de la saison à l'Autostade contre le Cosmos. Ils auraient eu le titre. Mais ils ont échoué.

Bref, l'Olympique de Montréal disparaîtra après trois saisons perdantes, autant sur le terrain qu'au guichet. Je termine toutefois sur un dernier événement de 1973, la visite de Vera Cruz (club mexicain) à Montréal. Dans The Gazette (4 juillet 1973) on mentionne que le match aura lieu à l'Autostade, malgré le fait que l'OM joue sa saison principalement à l'Université de Montréal. D'ailleurs le résultat du match est comptabilité dans le classement de la ligue, donc l'OM doit absolument gagner.


Source : The Gazette

L'héritage de L'Olympique de Montréal

Malgré la fiche négative de l'Olympique, il ne faut pas croire que l'équipe n'a pas laissé d'héritage à la ville de Montréal. Et il est peut-être plus grand qu'on pourrait le penser. Tout d'abord, il nous rappelle l'importance de la communauté italienne dans le foot montréalais. Deux des 4 entraîneurs de l'histoire sont d'origine italienne, les deux ont joué pour l'Inter. Frank Gallino, le premier joueur dominant du club est aussi italien. N'oublions pas aussi le fait que le Bologne Fc est venu jouer en 1971 à Montréal contre le Santos. L'histoire nous révélera plus tard que le Bologne FC a son destin beaucoup plus lié à Montréal qu'on le croyait à l'époque. Personne n'aurait prédit qu'un Montréalais, Joey Saputo (d'origine italienne), serait propriétaire du club italien en 2016!

De plus, Phil Woosnam à l'époque, comme Sam Berger avaient peut-être raison. La ville de Montréal est peut-être plus une ville de foot que nous voulons le croire. Woosnam a bien tenté de convaincre Berger de garder le club à Montréal. Mais la ville n'était peut-être pas prête en 1973. Toutefois, en 1981, Montréal fera un retour en force en NASL. Même si l'histoire se tout aussi courte, le Manic sera un gage de succès dans l'histoire du foot montréalais. Malgré la fin du Manic et l'échec retentissant de l'Inter-Montréal, le foot a survécu à Montréal, dans l'ombre avec le Surpa. L'Impact, avec de petits débuts (un championnat à ta deuxième saison ce n'est pas rien) a grandi. Avec un bref passage de deux ans dans la nouvelle NASL, ils ont réussit à prouve que le foot est populaire à Montréal. Si le passé du foot montréalais peut sembler pour certains comme un échec, l'arrivée de l'Impact au sommet nous permet de croire en un avenir radieux!




Sources :

Journaux :

Le petit Journal sur le site de Bibliothèque et archives nationale du Québec.

The Gazette, The South Shore, Lawrence journal-world, Le Devoir, Daily News, Southeast Missourian et le Gettysburg Times sur Google newspaper

Livres :



David Tossell. Playing for Uncle Sam. The Brit's story of the North American Soccer League. Mainstream Publishing. Edinburg. 2003.

Georges Scwartz et Jacques Gagnon. Histoire du soccer Québécois.Pascal Cifarelli. Montréal. 2003.

Ian Plenderleith. Rock'n'Roll soccer. The short life and fast times of the North american soccer league. St Martins Books. New York. 2014.

Internet :

TVAsports : Un grand nom accroche ses cramponshttp://www.tvasports.ca/2012/03/27/un-grand-nom-accroche-ses-crampons (en ligne le 15 février 2016)


Colin Jose. NASL : A complete record fo the North American Soccer League.Breedon Books Sports. 1989.

Statistiques : 


American History Archives :  http://homepages.sover.net/~spectrum/



1971 : http://homepages.sover.net/~spectrum/year/1971.html


1972 : http://homepages.sover.net/~spectrum/year/1972.html


1973 : http://homepages.sover.net/~spectrum/year/1973.html




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